Paul Garde

Portrait de Balthazar

         

Paul Garde, né à Avignon, est un universitaire (slavisant) français. Il était professeur de langues slaves à l’Université d’Aix-en-Provence et a enseigné également dans les universités de Yale, Columbia et Genève. Il est notamment spécialiste des Balkans, dont traitent la plupart de ses œuvres des vingt dernières années : Journal de voyage en Bosnie-Herzégovine - Octobre 1994, La Nuée bleue/DNA (1995), Les Balkans, Flammarion, 1e édition : 1994 - rééd. 2010 ; Fin de siècle dans les Balkans 1992-2000. Analyses et chroniques. Paris, Odile Jacob, 2001 ; Le discours balkanique. Des mots et des hommes, Fayard, 2004, ainsi que de nombreux articles. Son livre Vie et mort de la Yougoslavie (Fayard, 1992) est considéré comme un ouvrage de référence non seulement pour les observateurs, mais aussi pour les acteurs de ces événements (Paul Garde a été cité comme témoin-expert au Tribunal pénal international de La Haye). Par ailleurs il a publié depuis cinquante ans de nombreux ouvrages de linguistique, et une traduction de poésie russe.

 

 

Paul Garde

Portrait de Balthazar
(à propos du livre Portrait de Balthazar » de Jasna Samic)

 


Je viens d'achever la lecture du "Portrait de Balthazar". Quel beau, quel terrible roman! A travers la vie quotidienne de deux personnages, l’auteur fait revivre toute la vie d'une ville, le Sarajevo d'après guerre, où plus rien n'a de sens et où la seule distinction est entre mafieux et non-mafieux; les gens lucides et honnêtes, comme les deux héros, ceux épris d'art et avides de vraie liberté, comme l'héroïne, n'ont pas d'avenir, leurs projets avorteront, et ils finiront tragiquement. Mais derrière la satire mordante de la société qui les entoure se cache un message plus universel: Sarajevo est une métaphore du monde entier, toutes les questions posées ont une valeur philosophique universelle. Le même inquiétude diffuse existe aussi bien en France, même si le chaos n'y est pas encore aussi avancé. La double expérience de Jasna Samic de la Bosnie et de la France lui ouvre beaucoup de perspectives.

J'ai aimé ce que l’auteur écrit sur l'attitude des Français envers les étrangers, hélas ! En posant aussi toutes  sortes de question sur la sexualité, la condition féminine, l'art... tout cela sans sortir du cadre narratif et du style le plus simple, le plus direct. A la fois récit au dénouement tragique et regard sur le monde. Bref, grand bonheur de lecture, un livre dont on se souvient après le point final, et qui fait réfléchir. Et qui ouvre beaucoup de débats possibles, à poursuivre à l'occasion.