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Zdenka Brajković est née à Sarajevo où elle a étudié à la Faculté de Philosophie, puis, installée à Paris dans les années 90, elle a fait des études des langues slaves à INALCO à Paris. Elle écrit pour le quotidien Oslobodjenje et le Bhinfo.
INTERVIEW AVEC DINO MUSTAFIC
Le visage de l’Europe avec Sarajevo
L’homme qui parle seul dans une chambre de l’hôtel Europe à Sarajevo (joué par Jacques Weber) et qui parcours toute l’histoire de l’Europe réclame une Europe des visages. L’Europe qui aura le corps, et une âme, et le mix de corps et d’âme, ce point de contact entre les deux, qui s’appelle un visage. Ce nouveau visage de l’Europe aura un visage de Sarajevo. Et capitale de la Commission européenne ne sera plus Bruxelles mais Sarajevo ; Cet idéalisme donne un espoir au moins aux optimistes incorrigibles de rêve bosnien.
A la veille de la première de l’Hôtel Europe à Paris au théâtre Atelier, metteur en scène de pièce d’Henri Bernard Levy Bosnien Dino Mustafic nous a accordé un court entretien.
Voici ce qu’il avait dit pour les lecteurs de bhinfo.
Quelles sont vos impressions et les expériences de travail avec cette équipe avant la première à Paris. En effet, la pièce vient «à sa maison», ici à Paris...
Dino Mustafic : La pièce a été joué déjà à Sarajevo, le 27 juin, comme on le sait, à l’occasion de 100 ans de l’attentat à Sarajevo, le moment propice pour que tout le monde s’interroge sur le passé et dans quel ampleur influencé notre époque. Et puis déjà à la scène internationale, à Vénice, à prestigieux théâtre La Fenice le 11 juillet, le Jour de Srebrenica, alors le public international l’a déjà vu.
Pour cette première à Paris nous avons travaillé, adapté, coiffé ; C’est aussi tout la première fois que je travaille avec un théâtre privé tel Atelier et c’est une expérience totalement nouvelle et stressant. J’avais toujours travaillé avec le « public city théâtre », en ex Yougoslavie, en Bosnie, en Bulgarie, même en Italie, et partout ;
Là nous avons un modèle stressant pour toute la production, car il faut obtenir les spectateurs, tenir leurs intentions, etc. on regarde déjà combien il y aura des spectateurs la première semaine, comment deuxième etc. à vrai dire ce ressemble au travail sur un film ! Il s’agit d’un drame en cinq actes, une pièce philosophique et politique et joué au moment difficile en Europe et en France où les forces néoconservatrices et extrêmes montent.
Comment et quand avait commencé votre collaboration avec BHL?
Nous avons fait la connaissance en première ligne de front dans les années de la guerre à Sarajevo ;
Donc, cette relation dure déjà 20 ans. J’avais travaillé avec mon collègue Danis Tanovic en filmant les combats pour les archives et puis BHL préparait son film « Bosna » en utilisant certaines matériel de notre archive. Nous sommes restés en contact et lors d’une visite à Sarajevo m’avait parlé de son intention d’écrire un texte sur l’Europe avec focus sur Sarajevo et qu’il aimerait bien qu’on travaille ensemble. J’ai suivi le texte ….notre collaboration abouti comme prévu.
Dans une interview BHL disait que vous avez vu immédiatement comme metteur en scène pour Hôtel Europe. Et quand vous avez lu le texte avez-vous eu le commentaire ou;
Dino Mustafic : (avec un sourire sympathique) : Il n’existe pas le texte où nous les metteurs en scène n’avons pas une suggestion, un remarque, je pense que c’est l’antagonisme éternel entre l’écrivain et metteur en scène ... Mais c’est un grand texte dramatique, un texte politique et philosophique sur l’Europe actuel qui relève beaucoup de questions. ; Où l’Europe a échoué ? Avec beaucoup d’émotions. Derrière tout cela il y a une dimension humaine.
Est-ce que c’est l’artiste Dino Mustafic attiré par ce texte ou c’est aussi votre engagement personnelle voir politique?
Dino Mustafic : Les deux ! Bosnie-Herzégovine avait un soutien fort des intellectuels et de l’opinion public mondial pendant la guerre et nous avons pensé que l’intégration en Europe serait rapidement faite ; Hélas ! Ce n’était pas le cas et ils nous ont abandonné avec un modèle lourd de Dayton. Alors, tant de problèmes que la Bosnie d’aujourd’hui subi est la faute de l’Europe. Dans ce contexte je me sens obligé de réagir aussi politiquement qu’un artiste. Ce projet de BHL et autant plus important pour nous, pour notre avenir.
Dans cette pièce il dit clairement, il crie pour une Bosnie en Europe, en voyant Sarajevo comme un idéal possible de l’Europe de XXI siècle.
Est-ce que le public ailleurs sera privilégié de voir cette pièce?
Dino Mustafic : Il y a déjà des projets pour Nice, Pologne, Allemagne ; après on verra§
Nous avons tous besoin des architectes
L’Interview de Zdenka Brajkovic avec Amir Vuk- Zec
Vuk Amir-Zec est le membre de ULUBIH (Union des artistes de Bosnie-Herzégoviene). Il a travaillé egalement avec le théatre national à Sarajevo . Depuis des années 80, il est présent dans la vie culturelle de Sarajevo et avec son originalité il a crée un style unique, reconnaissable dans la région.
Les plus beaux lieus à sarajevo de rencontre sont fruit de son imagination et travail : Avlija, Vatra, Zacin, Mahala Kibe, Vinothèque, ou dans les montagnes l’hôtel Termag à Jahorina , à Medjugorje, à Orasje, à Makarska, partout ... la liste est longe.
Quand on dit cela, on pense immédiatement à la vraie architecture et la construction, mais ce n’est pas seulement le sens auquel il a pensé le lustre architecte AMIR VUK surnommé ZEC, en commençant cet entretien pour bhinfo.
Un garçon de Sarajevo qui le porte profondément dans son cœur, Zec avec cette belle phrase dans un seul « kroki » désigne la situation dans notre pays - Nous avons tous besoin d’une structure - de mettre toute chose à sa place.
Pour bhinfo, Amir Vuk nous parle un peu de tout ... de son travail extraordinaire , mais aussi de tous ce qui se passe autour de nous, en Europe, au monde entier, de la politique, de l’économie, de comportement des « grands », de nous d’avant et après, de la région ...de l’art, et surtout de l’art de vivre !Car ce qu’il fait plus de 30 ans c’est toujours dans la fonction de « bien être » : construire un bon ambiance de l’intérieur pour qu’on soit dans le confort et en harmonie .
Il est devenu célèbre dans les plus belles années de Sarajevo, dans les années 80 avec ces idées originales dans l’architecture : réconcilier la tradition et la modernité, garder l’authénticité avec le goût de temps contemporain. Le prestigieux prix de Borba en 80 pour le meilleur projet de Zlatara à Bascarsija lui a ouvert les portes en toute ex-Yougoslavie. Mais c’est là également où il commence à marquer avec son style unique les lieus préférés et prestigieux pour les Sarajeviens, c’est la naissance de « Miris dunja », RSA, et d’autres lieus extraordinaire, avec les jardins d’enfance, et les restaurants avec l’ambiance de la maison, avec les coings sur l’armoire comme chez les grandes mères ou les fenêtres décorées par les géraniums dans les pots rouges. Comme sur les tableaux de Safet Zec. Chaque passage à Miris dunja c’était comme passage dans les souvenirs de nos chères et chaleureuses maisons bosniennes. Son travail c’était une vraie alternative au vieux model d’expression dans l’architecture, déjà dépassé !
Toute Sarajevo s’est transformée dans ces années là dans une belle aventure d’alternative et Zec est une figure importante.
Sarajevo – Zec, une formidable réciprocité
La guerre l’emmène au Canada, où il travaille, il crée, mais Sarajevo l’appelle ! Son espace d’engagement, son univers artistique c’est cette ville, où il connait cette mentalité spécifique, son âme, où il se donne complètement et reçoit la plus belle énergie. Une réciprocité formidable.
L’architecture actuelle à Sarajevo ? Qu’en penses-tu des grands centres commerciaux et de cette construction immense qui se produit en ce moment là à la capitale de pays?
L’architecture est le pur reflet de son temps. A Sarajevo on garde des traces de la période turc, après d’austro-hongroise, après du soc- réalisme et là aujourd’hui nous avons cette surprenante architecture de post-Dayton. Et qu’est-ce qu’on trouve ? Rien qui appartiendra au service public, de l’intêret sociale, rien vraiment de la collectivité ... on a construit à but public une seule piscine à Sarajevo;;: tous le reste est une expression individuelle des gens riches, puissants, de leurs ego, des centres commerciaux, les hôtels etc. et nous avons aussi un problème avec les autorités locales, ce qui veut dire par ex ; que le maire de Travnik se comporte comme le patron de la montagne de Vlasic, ou le maire de Trnovo comme le patron de Bjelasnica, et se sont eux qu’ils décident de cette construction avec la bénédictions des autorités religieux qui mettent en fin les locaux en marchent. Pour laver la mauvaise consience ou quoi ? Quelle hypocrisie. Une grande hypocrisie partout. C’est à peu près ce qui se passe. Au lieu de demander les experts, les gens de métier ou le peuple ce qu’il veut.
Par contre, nous avons tellement de possibilité, des lieus formidables tel Pocitelj, Trebinje, Stolac, à Sarajevo, on pourrait faire des choses extraordinaires. Si ils me donnent l’occasion, toute » mahala »autour de Alifakovac je transformerai dans un lieu touristique, avec les chambres d’hôtes, tout en gardant le beau vieux paysage de ce quartier turc.
Ton travail est connu dans la toute région, et ils te cherchent justement pour l’originalité des lieus. Comment tu trouve ce travail, parfois tu as des difficultés?
«Non, je n’ai pas de problème de ce genre. Nous sommes obligés de vivre et travailler l’un à côté l’autre. Je suis ce lien entre les nations plus qu’un politicien. Les politiciens au lieu de nous faire approcher ils nous font séparer. Nous ne sommes pas grandes, nous sommes de petites nations, donc il faut qu’on travaille ensemble. Et nous avons besoin de notre voisinage (komsije). Nous sommes « de petites sociétés d’adjectif », comme disait un philosophe, mais il faut aussi savoir que les grandes sociétés ou les grandes espaces ne donnent pas forcement les grands hommes.»
Tu est un architecte mais aussi un vrai philosophe qui réfléchi de temps qu’il vit ou l’espace ...
C’est presque une tache pour moi, l’espace et le temps vont ensemble et la réflexion, bien sur. Il faut connaître les gens et leurs besoins. Quand quelqu’un vient me demander un projet, un travail en parlant avec cette personne je devine sa phycologie, ses penses, ce qu’il intrique, ce qu’i aime ; C’est important. Moi, je travaille sur leurs intimité, disons je suis architecte d’intime.
Je dirai architecte d’âme ...
Pourquoi pas, car c’est l’âme qui m’intéresse. Cette époque soit disant globale veut tuer l’âme, et tout ce qui est locale. Tout ce qui est authéntique ... Mais ici, en Bosnie Herzégovine les gens sont très têtus, et ce défaut tourne parfois à la qualité. Ils savent quand même protéger leurs petits mondes.
Donc tout est la faute de la globalisation ou les «grands puissants»?
L’époque qu’on vit c’est l’époque des prédateurs, malheureusement. Nous sommes tous endettés, ils ont supprimé nos banques pour mettre en place leurs et pour contrôler tous le monde. Les puissants veuillent tout contrôler, on entre dans ce monde globale.
Nous sommes aussi entrer dans une grande machine où il faut acheter, consommer, dépenser ..., mais ne nous sommes pas prêts ... et de tout façon les petits ils restent, le s petits poissons survivent
Alors, comment on va s’en sortir, Quelle est notre solution de nous sauver de ce mode de vie, en général?
La solution se trouve en nous même, dans notre originalité, notre authénticité, seule et vraie possibilité. Et aussi dans le travail manuel. Par ex. aujourd’hui, ils nous apprennent des choses que nous avons appris bien avant ! ils nous parlent de système de l’éducation ou de la santé, tandis que nous avons eu avant 20 ans l’un comme l’autre au titre gratuit. un système presque parfait ! On sait bien que ces deux systèmes sont piliers de toute bonne société.(Quand il dit « ils », ils pense aux puissants, à l’Amèrique et les autorité des grands pays qui nous donnent les leçons.) Mais de toute façon, nous sommes un petit pays et on ne peut pas être néanti, on ne peut pas tombé, car nous sommes comme un petit enfant que vous le poussez il ne tombe pas, il se replie, mais il va se redresser ...
Et nous avons également cette obligation devant les jeunes. La jeunesse est cette vitalité de société et il faut la gérer dans un bon sens. Rétablir les valeurs, surtout l’éducation, le système de l’école. Revenir sur l’autorité des enseignants, revenir sur le respect. Aujourd’hui plus important devient en quelle voiture les parents viennent chercher les enfants devant l’école , alors le prestige sociale ! mais, ca va passer ...
La Bosnie gardera ces valeurs, elle est plus forte que les Dodik ou Izetbegovici ou Lagumdzija ou n’importe quel politicien.
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